Et puis mince : j’ai pleuré…

Sincèrement, je ne sais pas de quoi demain sera fait. Et je n’ai absolument pas envie de signer un chèque en blanc à notre nouveau Président. Mais là, vraiment, il m’a été difficile de retenir une larme…

Ma légendaire naïveté y est sans doute pour quelque chose. Cela dit, quand on me parle de valeurs, de grandeur, quand on m’annonce vouloir « faire à l’Homme un pays digne de lui », eh bien moi, cela me fait rêver, cela me donne envie de pleurer. Quand d’entrée de jeu, le président de ma République a lancé, à Versailles, ce lundi 3 juillet, que la moralisation ne va pas sans moralité, j’ai eu l’audace d’espérer. Et puis, je vous rappelle que ce blog s’appelle Gentillleee !, qu’il envisage d’envisager la vie autrement, que dans la boîte, l’espoir est resté, alors voilà : j’ai envie de rêver. Pendant une heure et demie, je l’ai envisagée autrement, la vie, moi qui croyait le rêve mort. Je veux « rester arrimée au réel ». Et je crois également « qu’il n’appartient pas au pouvoir exécutif de décréter un roman national ». Ce d’autant qu’une jeune lycéenne vient de m’apprendre que même Victor Hugo est à débattre par certains de ses positionnements. Je crois en un pays vivant, de par ses contradictions, fier d’y penser et de les dépasser, ensemble, sans entraves, d’autant moins qu’elles sont rétrogrades, réductrices, méprisantes d’une partie de la population qui le compose. Ah la la… J’ai versé une larme…

Et alors ?

Parce que je crois aussi que la grandeur passe par la moralité, la responsabilité, la paix, le partage, des idées, notamment. Et que non, «  la démocratie n’a pas été conçue pour les temps calmes. Elle vaut également pour les épreuves ». Le dire, à Versailles, donne plus de solennité, de force à ces mots. Comme un symbole, un pont entre les époques, un passage de témoin. Comme tout ce qui est beau dans la vie, elle doit être protégée. J’ai apprécié à sa juste mesure, après plusieurs mois sombres, entendre qu’il ne faut « jamais cesser de nous demander si nous restons fidèles à ce que nous sommes : liberté, égalité, fraternité ». J’ai été tellement émue que j’ai versé une larme.

Qu’il était beau…

Et puis, je m’en suis retournée terminer le ménage entrepris, interrompu, par l’émotion. Je suis retournée au quotidien, enchantée d’être de ce pays qui place l’idéal au-dessus de toute action. La cynique – dont il a été question dans ce formidable discours – a pointé le bout de son nez, malgré la poussière soulevée du dessous des tapis. Je me suis dit qu’une fois tout cela dit, il va falloir le faire. Je me suis demandée s’il en serait capable. Et puis, je me suis souvenue de la responsabilité qui est la mienne, celle de lui rappeler ces mots-là, autant que nécessaire, chaque fois que nécessaire. Je me suis souvenue que je suis aussi la démocratie. Que je suis aussi la République. Que je suis aussi le rêve. Que je suis aussi l’idéal. Je me suis dit que mes tennis sont prêtes à se mettre en marche. Parce qu’il était vraiment beau ce discours.

 

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