Traitement médiatique de la ‘crise’ Guyanaise : les leçons du LKP

Que nos amis guyanais ne s’en offusquent pas, cette comparaison ne tiendra qu’en deux mots : tant mieux. Tant mieux qu’enfin, une crise, selon la définition de Gramsci, soit simplement perçue comme telle. Sans polémique ni préjugés.

Point d’images d’embrasements ni de barricades. Pas de focus sur les mots de quelques uns, sur la périphérie en opposition au cœur du propos : la mise en marge républicaine. Le traitement médiatique de cette crise guyanaise est stupéfiant pour qui a vu et vécu le LKP -Lyannaj Kont pwofitasyon – en 2009. Quand la Guadeloupe s’élevait contre les atavismes délétères, quand la quasi-totalité de la population descendait dans la rue ou, lorsqu’elle ne le pouvait pas, disait son profond soutien, quand une autre consommation, une autre perception de soi était rendue possible par la fermeture des ensembles commerciaux aux mains des héritiers du système séculaire, les ‘unes’ titraient sur le ‘racisme’, l’ambiguïté de l’hymne choisi, les touristes ‘reclus’ dans leurs villages hôteliers, les barrages.

‘Moins d’« infotainement », de sensationnel, cette fois, des chiffres et la réalité, jusqu’à susciter l’admiration…’

Économie, circulation routière, aérienne bloquée en Guyane mais cette fois, il est question du fond. Tant mieux. Il n’est même question que de cela: de l’oubli, fort des chiffres, du chômage, de la criminalité, du contexte géographique, des immanquables mouvements de populations en provenance des pays voisins. Du centrage à l’entour de Kourou, ville spatiale, pôle salarial. L’oubli, encore des populations autochtones, physionomiquement, psychologiquement, culturellement anéanties par le mercure des orpailleurs. L’oubli, de la forêt amazonienne, grignotée, dévastée par les trafiquants, loin des préoccupations universitaires et internationales dont elle devrait être l’objet.

Moins d’« infotainement », de sensationnel, cette fois, des chiffres et la réalité, jusqu’à susciter l’admiration d’une population – et quelle population : Hmongs, Amérindiens, ‘noirs-marrons’, Chinois, créoles, blancs, toutes catégories sociales confondues- debout, décidée à ne plus se taire et ainsi, injustifier l’ostracisme.

‘A force de dire, les perceptions ont changé. Et la manière de traiter les sujets avec. Tant mieux. Les yeux semblent s’être ouverts sur la France telle qu’elle est, diverse’.

S’inscrire dans son environnement

Le développement sera endogène parce qu’il le faut. Parce que la logique l’impose. Les mouvements sociaux de 2009, en Guadeloupe et en Martinique ont replacé les populations locales au cœur de ce développement. Et bien qu’une minorité obscure ait tenté de le faire oublier, nombre de gens, de jeunes et moins jeunes s’en souviennent encore, consomment en fonction, s’émeuvent toujours de la lame de fond, de l’idée de soi, née dans ces moments-là. Nos histoires sont si récentes… Il en sera de même en Guyane. La Guyane et les Guyanais se rappelleront ces rassemblements qui deviendront un jalon dans l’époque contemporaine, un marqueur de sens.

A force de dire, les perceptions ont donc changé. Et la manière de traiter les sujets avec. Tant mieux. Les yeux semblent s’être ouverts sur la France telle qu’elle est, diverse.

‘Ce défaut de République devrait faire de nous tous des Guyanais.’

Ce qu’il manque encore

Voilà juste ce qu’il manque encore : de le rappeler.

Que si la France est une et indivisible en esprit, elle est diverse dans ses populations, diverse dans ses territoires, diverse dans ses représentations, diverse dans sa culture. Que cette diversité de vues dispose d’un socle unique pourtant: la République. Que le défaut de République soulevé par la Guyane aujourd’hui, devrait soulever la France entière, des banlieues parisiennes et marseillaises, aux villes et villages d’Auvergne, d’Alsace et du Nord. Ce défaut de République devrait faire de nous tous des Guyanais.

Ceux qui manquent à l’appel, ceux que l’on a pas assez vus sont les représentants. Notre République est une démocratie représentative. La rue ne gouverne pas : elle propose, s’oppose, se rassemble, avec force et beauté, dans l’attente que soit portée, par ses représentants, l’émulation, qu’elle soit transformée en projets, en programmes. La période est compliquée, politiquement bloquée. Les travaux du Parlement sont interrompus. Au sein des Ministères, il est temps de se placer, d’assurer son avenir. Les creux sont trop nombreux à combler pour que cela n’impacte ni l’action, ni la gestion.

Dommage. Pour l’image notamment.

Enfin…

L’essentiel est là, dans la clarté de l’expression, gage d’une meilleure perception.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s