Trois ‘options’ pour parer une bombe à sous-munitions maternelle

Un samedi matin presque comme les autres. La journée est annoncée ensoleillée. On dirait qu’elle le sera vraiment…

Tout a bien commencé. Petit-déjeuner ensemble, réunis autour d’un café fumant les arômes de sa montagne originelle, de fruits de saison, d’une tradition croustillante, encore chaude puisque tout juste rapportée de la boulangerie, beurrée et confiturée. Sourire aux lèvres, lumière dans les yeux encore collés de sommeil, nous nous racontons la semaine, la veille au soir, ma soirée entre filles. Nous programmons les deux prochaines journées : rien de très coûteux, c’est la fin du mois, une balade, le bois, un parc, dehors, quoi qu’il en soit. Oh ! Ces cerisiers en fleurs et ces levers de soleil printaniers, les couleurs, la vie qui renaît après l’hiver et autres marronniers météorologiques, un peu débiles mais qui font du bien quand soudain, le téléphone sonne : c’est mon père.

Avant l’orage…

La voix tremblante, il me demande ce qui se passe, pourquoi est-ce que je ne lui ai rien dit. Rien dit de quoi ? Je ne comprends pas mais je m’inquiète. On aura beau faire, dire, lire, une angoissée ne guérit jamais tout à fait. Inquiète donc, je dépose ma tartine et fixe, au loin, un point imaginaire, comme de coutume, avant l’orage. J’attends. Qui encore ? Qui est malade ? Qui est parti ? Qui va partir ? Qu’est-ce qui se passe ?

  • Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu allais aussi mal ?
  • Que… Euh.. Quoi ? Moi ? Mais…
  • Oui, toi ! Que tu ne t’en sors pas ! Que tu penses que tu n’y arriveras jamais. Que tout cela te rend triste et que tu t’enfermes à la maison, tu te replies, que d’ailleurs tu n’as pas répondu au téléphone, hier aprés-midi…
  • Mais… Euh… je ne me renferme pas, je bosse et hier, j’ai…
  • J’ai eu ton frère au téléphone. Il est très… (Toute la famille est au courant. Est-il vraiment nécessaire de le préciser…)

…Ca y est ! J’y suis !

…En deux jours, rien est devenu une dépression…

Maman ! L’avant-veille, au détour d’une histoire sur une connaissance, ou peut-être la conjoncture économique, électorale ou pour combler un blanc, j’ai dit un truc du genre: ‘ce n’est pas si simple la vie d’indépendant’. Je me souviens aussi avoir pensé, quasi immédiatement, que ce n’était pas franchement l’idée du siècle, vu son opinion sur tout ce qui ne ressemble pas à un CDI, mais que ‘bah, ce n’est rien’.

Grave erreur. Rien peut être beaucoup. Rien peut devenir un énorme tsunami. De fait, en deux jours, rien est devenu une dépression. Rien est devenu une bombe à sous-munition, dont le souffle s’est étendu par-delà les océans et les éclats ont pulvérisé ma bonne journée, mon bon week-end, ma bonne humeur. Devinez comment j’ai réagi…

Vous n’imaginez pas à quel point tout cela manque d’originalité…

Option numéro un : pavlovienne

  1. se fâcher
  2. hurler au téléphone tout juste raccroché puis décroché pour : a) remettre (encore une fois) les choses, chacun à sa place. b)Rappeler (encore une fois) l’âge adulte auquel on devient adulte, le sien, la distance entre les deux. c)Redire (encore une fois) que les conseils pourquoi pas, et encore, cela dépend de la mesure, mais que les injonctions et autres vérités ataviques, au bout d’un moment, y’en a marre…

Option numéro deux : idéale

  1. Raccrocher
  2. Récupérer sa tartine et terminer de déjeuner
  3. Passer/Rester en mode ‘zen’, en mode ‘fin de semaine’, en mode ‘je suis adulte donc je gère’, en mode ‘tête haute’, très au-dessus des nuages, fixée sur l’horizon, son horizon, à commencer par cette ballade, loin de la grisaille et des opérations de contrôle à distance.
  4. En parler puis en rire : vous n’imaginez pas à quel point tout cela manque d’originalité

Option numéro trois : (sans qualificatif)

  1. Pleurer
  2. Chercher la différence entre bombe à fragmentation et bombe à sous-munitions (les éclats vulnérants mais non-explosifs)
  3. Ecrire un  post pour intégrer l’attitude idéale à adopter .

Et vous ?

 

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