Extrémisme: la ‘colère’ ne devrait pas constituer une explication

Les actes sont porteurs de sens, de valeurs. Ils sont porteurs d’un choix. Un chat est un chat. L’extrémisme est l’extrémisme. Quelle qu’en soit la forme, il est dangereux.

Nous sommes nos choix. La rudesse de la vie, les difficultés quotidiennes, l’envie de tout foutre en l’air, le besoin d’exister, d’exprimer son raz-le-bol d’être pris pour un con, s’entend. Les comparaisons entre ‘moi et les autres’, les réfugiés mieux logés, les chômeurs, ces profiteurs qui « gagnent plus en ne faisant rien », l’entresoi, l’envie déplacée, la jalousie consumériste, le mépris du ‘pauvre’, un peu moins.

Nous sommes nos choix. L’extrémisme est l’extrémisme, de quelque bord qu’il provienne. Il faut résolument appeler un chat un chat. Ces sentiments, malsaines jalousies, sont des émotions, résultats d’émotions dont on nous serine à longueur de journée, qui, mises au défi de la raison, de la réalité, ne tiennent plus la route. Chômeur, il peut s’offrir trois écrans plats… Ils sont de plus en nombreux ceux qui rejettent l’idée d’avoir une seule télévision tant les programmes peuvent être affligeants. Qui pourrait donc rêver d’en posséder trois,  sauf à n’avoir d’autre moyen de distraction que cela, la télévision ? Est-ce à plaindre ou à envier ?

BasquiatNowisthetime- Nanachroniques - avril 2016

Nous sommes nos choix. La dignité, la gentillesse, l’ouverture à l’autre, l’honneur, le respect sont des qualités à grandeur d’homme. Le choix d’un ami, de son entourage, d’un guide politique devraient être l’émanation d’une foi en un idéal. Il s’agit d’exemplarité. Il ne s’agit plus de soi, de ses aigreurs mais de la nation. Il ne s’agit pas de ses attentes personnelles mais du bien commun. Il ne s’agit pas d’intellectualisme, d’intellectualités, de concepts mais d’un projet à construire, d’un idéal à défendre dans un cadre par tous accepté, la démocratie, criticable sans doute mais intéressant, incontestablement, puisqu’il offre un espace d’expression au plus grand nombre. Le système est sans doute perverti par quelques mécréants, comme tant d’autres systèmes l’ont été d’antan. Il n’en reste pas moins susceptible de progrès.

Nous sommes nos choix. Ils sont d’autant plus essentiels qu’il ne reste que cette foi, pour construire des lendemains meilleurs. L’avenir nous appartient. N’est-ce pas là une fantastique opportunité pour l’homme de montrer sa grandeur ? Toutes les vérités, petites, moyennes ou grandes, sont exposées, débattues, disséquées, discutées, très bien ! Le débat est le poumon de la démocratie, cette belle idée.

Nous sommes nos choix. Lorsqu’un programme envisage d’ostraciser un autre être humain, il devrait interroger notre humanité. Pas le système, ni les hommes qui le font et le défont. Notre humanité. Le droit de disposer de son corps n’est pas un concept. Le droit d’aimer n’est pas un concept. Le droit à la vie n’est pas un concept. Le droit à l’éducation n’est pas un concept. Le droit à la dignité n’est pas un concept. Il s’agit d’humanité.

Nous sommes nos choix. Invoquer l’environnement, le quotidien pour expliquer l’extrémisme est irresponsable. L’extrémisme est l’extrémisme. Toute personne placée dans une situation extrême ne devient pas extrémiste. Bien au contraire. Parce que nous sommes nos choix. L’extrémisme, quelle qu’en soit la forme, est l’extrémisme. Il est dangereux.

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