Ouvrez la ronde, belle créole…

Malgré tous nos efforts, nous n’avons pas trouvé de places pour le déjeuner.

  • Il n’y a plus de places, ma pauvre… Depuis mercredi… C’est normal ! Elles fêtent leur 100 ans…

  • Ouais, eh ben, allons voir le défilé…

  • J’ai entendu qu’elles feront un plus grand tour que d’habitude : depuis l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, elles iront au marché central et puis, vers 13h, direction Bergevin, par la rue Frébault….

  • Han bon ?! Ah la la !…

  • Oui, ma fille. Elles passeront dans tout Pointe-à-Pitre. Mon dieu, il fait tellement chaud ! Je ne sais pas comment elles vont faire les pauvres…

  • Enfin…

Direction le centre ville. Un slalom dans les rues embouteillées, la course pour une place à l’ombre, impossible à trouver, une place tout court est déjà un luxe. Et puis la route à pied, vers la place, vers l’église, puisque comme le veut la coutume, elles prient pour nourrir mieux. Elles rendent grâce au saint-protecteur, Laurent. La messe dure. Les conversation sur les derniers potins, sur le Tour en cours encore, avant-dernière étape, le champion en titre, héros local, a quitté la course parce qu’il le fallait, il a du cœur, c’est vrai. On s’en désole. Le Tour a beaucoup perdu en intérêt, les cuisinières gagné en public. Et les évènements, le monde qui ne tourne plus rond – le signe de la fin des temps. Que veux-tu… – et l’attente encore, le soleil, la foule étalée dessous, qui ne démord pas, en attente de sa récompense, des friandises, sucres à coco, pain d’épices, gâteau ananas. Une heure plus tard…

Cuisinieres 4     Cuisinieres 3

Enfin, elles déboulent en costumes, en tintement de timbales, au son de la biguine. Les photographes tentent au mieux de capturer la débâcle de couleurs qui valse dans les rues de Pointe-à-Pitre jusqu’au marché aux épices où s’ouvrira la ronde.

Cuisiniere 5

C’est là que nous sommes installés, en famille, face au peintre prolifique de tricots aux verres teintés noirs, devant l’étal de l’auteur d’un ouvrage sur le carnaval qui ferait un cadeau pas mal, auteur qui nous en veut d’ailleurs un peu de cacher son produit contre un peu d’ombre. Elles tournent. Ils tournent. Elles en robes à corps, eux en haut de forme et queue de pie. Un pied de nez à l’histoire, une constante de notre culture, de notre histoire, une tradition, sauvée déjà par ces jeunes filles endimanchées, tête amarrée de madras ou presque.

Cuisinieres 2

Les cuisinières de Guadeloupe ont célébré leurs 100 ans dans les rues de Pointe-à-Pitre, ce samedi 6 août. Si la fin est proche, bien merci pour la fête.

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