Le meilleur pour la fin

Elle choisira son endroit. A quelques kilomètres, juste là, sous un banc nuageux improbable au milieu du ciel azur, elle entrave d’un rideau anthracite, l’horizon verdoyant. Un espace pas plus grand que ça. Capricieuse, rien ne dit qu’elle tombera ici. Ils appellent cela microclimat. Elle a simplement ses sautes d’humeur. Trois gouttes pour annoncer le déluge, un cliquetis galopant, un temps d’avance sur les parapluies,  les volets roulants, les stores, les fenêtres à claquer et l’odeur d’avant, celle de l’herbe humide, de la terre gorgée, du bitume rafraîchit, fumant après. Inespérée il y a une minute, elle est plus furieuse que jamais, assassine une mise en pli, moleste un œil charbonneux noirci au khôl, terrasse le linge blanchi au bleu de méthylène. L’agriculteur du coin crie ouf : sa canne gagne en sucre. Elle est douce comme une mélodie d’amour sur la tôle de la  maison. Sa rage est belle alors, sa folie, son rythme aussi, la moiteur de l’air et l’odeur boisée et le son des gouttes sur les feuilles, sur le sol. La pluie est une mélodie enivrante, l’une des rares autorisées à ce moment-là. Ce moment sublime que je ne veux vivre qu’avec toi.

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