Le repas en famille, ce moment tellement… (Heu… Comment dire ?)

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« De retour au pays », les comptes se règlent à table, le premier dimanche en famille.

Ce repas qui commence à une heure indéterminée entre 13h30 et 15h. On grignote, on tourne autour de la table, des plateaux recouverts d’alu, on attend les retardataires qui, de fait, ne le sont pas vraiment puisqu’aucun horaire précis n’a été fixé. Ou alors si. Mais à titre indicatif. Pour faire une différence de principe entre le déjeuner, le goûter et le dîner. Tout en sachant que les trois ne feront qu’un et qu’à 20h, on mangera du sorbet. Qui s’en soucie ? Personne. Ce sont les vacances. Tout commence en fait à la première question sur votre choix de le quitter le pays. Non, si vous y teniez vraiment, à votre terre, vous seriez resté. Comment ? La vie ne se résume pas à cela, une vision manichéenne entre les bons qui restent et les mauvais qui partent ? Si. La preuve par l’un qui vous questionne sur votre capacité à parler vrai, donc en langue, par l’autre qui rappelle que là-bas, vous ne regardez même pas les émissions locales, par le détail de vos amis qui, comble d’horreur et confirmation de votre malheur, ne sont pas à majorité d’origine.  C’est l’apéro. Les festivités peuvent commencer. A mi- verre et quelques tranchettes de saucisson plus tard, il est déjà question du retour. Ah ben si. Quand on part, c’est bien pour revenir. Et non, les vacances, cela ne comptent pas, peu importe la durée, peu importe la fréquence. De toute façon, la faute est établie : vous êtes partie. Alors oui, bien sûr, on peut être soi partout. Mais cela ne vaut que dans la réalité de la vie locale. Ailleurs, c’est une trahison de soi à minima, de sa terre, de sa culture, de sa famille, de ses idéaux, de ses origines, de…

Sans alcool

Plat de résistance

L’entrée servie, vous commencez à vous demander si vous avez bien fait de « rentrer ». Pourquoi « rentré » ? Tu dis toujours que c’est aussi chez toi, là-bas. Chez toi partout ? Cela ne veut rien dire. Un second verre. Pour avoir les idées plus claires. Où est-ce vraiment chez toi ? Ici ou là-bas ? Positionne-toi. L’appétit vient en mangeant. Vous en avez déjà soupé. Se défendre ? Mais se défendre de quoi ? D’avoir envie d’ailleurs ? Tendrement (le second verre est attendrissant, non ?), vous arguez de ce que le côté diaspora a d’avantages, que c’est un peu le pays qui se dissémine, que l’échange a du bon, que le combat, puisque selon toute vraisemblance combat il doit y avoir, peut être mené plus loin, qu’il n’y a ni abandon, ni trahison, juste une volonté d’être, de s’épanouir… La tablée entière est échauffée. Ah !.. les seconds verres. Les neutres baissent la tête et/ou se resservent. Les « pros » n’existent que par vous, les « contres » crachent le feu tandis que se sert à grandes louches le plat de résistance. C’est l’heure du goûter. Celle aussi de s’interroger sur la durée des vacances, du repos réparateur envisagé, d’un cahier de retour au pays natal griffonnés chaque année des  mêmes diatribes. Il vous semble que l’unité dont il a été question, que le combat, que l’alternative quêtée pourraient peut-être commencer par là : arrêter d’opposer les uns aux autres, d’imposer un dogme de l’être et accepter l’autre pleinement, plus encore lorsqu’il n’est ni dans le rejet, ni dans le déni, simplement parti exister et faire exister ce qu’il est sous d’autres cieux. Comme ce bol de  salade de fruits, c’est tellement plus sympa lorsqu’il y a des épices et des couleurs différentes… L’instant philosophie sera de courte durée. Quelqu’un a lancé « Et les amours ?». Le mot gigogne, la boîte de Pandore, une autre page du cahier. Et le sorbet est encore loin.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Bonjour, pas tout à fait tout compris dans ce repas de famille. Un peu de réprobation pour la réprobation que vous sentez ? J’ai peur que gentillesse et indulgence ne soient transformées en ironie un peu grinçante. Soyons pragmatiques : si les uns déplorent votre départ, c’est que vous leur manquez. Si les autres n’en disent rien mais que vous le ressentez, c’est un peu de culpabilité de votre part pour abandon de poste !, dans tous les cas, on vous aime.
    Quant à l’heure du repas de famille, chez nous c’était draconien. Il paraît qu’on est tous moins gentil l’appétit Ils vont se battre aguiché par des plats prêts mais pas servis !!!
    Si on ne sert pas à l’heure,ils vont se battre, disait ma mère, très soucieuse , sous nos quolibets !

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