Pourquoi sommes-nous si compliqués ?

L’autre jour, tandis que j’avançais vers la caisse du supermarché, une femme d’une quarantaine d’années m’a fixée plusieurs minutes.

A ces moments-là, ma première réaction est toujours de sourire. Un reste de ma vie d’ilienne, où l’on se croise souvent, où donc tout regard insistant peut-être le reproche d’un manque de reconnaissance plus ou moins lourd de conséquences bien qu’involontaire. Rien de dramatique. Juste la possibilité qu’il s’agisse d’une cousine, d’une tante, de la sœur de la filleule de la voisine. Je souris donc. Par principe. Elle me fixe encore. Et… Rien. Son regard devient même mauvais, il me semble. Pas méchant. Juste …mauvais. Un mélange de circonspection et d’agacement bien étrange puisqu’il me semble vraiment ne pas la connaître. Étant de nature assez respectueuse, je ne crois pas lui avoir été désagréable. On ne peut jamais savoir me direz-vous et vous aurez raison.

Mirages 1
Nouvelle tentative, nouveau sourire : toujours rien. Que faire ? Aller lui demander pourquoi elle me dévisage ainsi depuis plusieurs minutes ? Peut-être nous connaissons-nous ? Pourquoi ne vient-elle pas poser la question ? Pourquoi semble-t-elle si agressive ? Et que lui dire ? En vertu de quoi ? D’un regard ? Et alors ? Comme dirait l’autre, on regarde bien une merde. Tenter de l’ignorer ? Voilà.
Le problème est que nous sommes sur deux files parallèles, aux caisses de notre supermarché de quartier qui, bien que très agréable (pas toujours sur les prix mais ce n’est pas le propos) n’est pas très spacieux. Elle me fixe toujours, plus furtivement (la fatigue ? L’abandon ? Une autre préoccupation ? ) mais avec autant d’intensité.
Oh ! Je dois lui plaire pas ! Si c’est là une tentative d’approche, elle me semble bien rédhibitoire, au-delà même du fait que je ne mange pas de ce pain-là. Nous approchons de l’issue. Je pose mes courses sur le tapis, discute avec la caissière, paie mes commissions. Elle m’observe de plus en plus sévèrement. S’en devient dérangeant. Il est temps de sortir. Tant mieux. Je lui jette un dernier coup d’œil, un dernier sourire, sait-on jamais : toujours rien. Si, une question : pourquoi sommes-nous si compliqués ? Deux, finalement: pourquoi avons-nous tant de mal à établir une relation simple ?

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