Comment empêcher Mister Hyde de devorer le docteur Jekyll…

Au début, tout au début d’une relation amoureuse.

Parce que  l’on a beau  s’entendre sur son mieux-être,  la voie retrouvée  et la route sur laquelle, après maints égarements insensées et autres biais, plus ou moins volontaires, cette route donc, sur laquelle on avance résolument. On a beau être absolument et tous les autres « ment »  qui confortent et disent que Non !, ce n’est plus celle d’avant, mal à l’aise dans ses baskets (étrange expression…),  en léger manque de confiance augmenté d’un soupçon de paranoïa,  qui se trouve, là, sur le canapé, le téléphone à la main, à  attendre une réponse qui met trois secondes de plus que les autres à venir. La tension monte et la question se pose. Le regard se fait vitreux, humide. Tiens… Le front aussi. Le rythme cardiaque plus rapide. L’attention se perd un temps dans le néant de la pièce assombrie (La lumière ! Mes yeux !) pour ne se fixer que sur un point, un carré, un rectangle. ET, tandis que les secondes s’égrènent, plus rien d’’autre n’existe que ce rectangle  blanc, de plus en plus coincé entre ces doigts moites, crispés, saisis sur le plastique décoloré par la crasse. Une chaleur (celle du téléphone ?) monte, telle la lave dans un volcan en éruption. Le flot de questionnements de plus en plus conscients envahit le cerveau. Brusquement il déborde : qui, quand, où, comment, pourquoi ne répond-t-il pas maintenant, tout de suite ?

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Et pendant ce temps…

Non !
Cette fille-la est morte.
Avec l’adolescence. Avec l’âge. Avec le temps. Avec la maturité.
Avec le détachement nécessaire à toute relation amoureuse, notamment, plus encore lorsqu’elle n’en est qu’au  stade embryonnaire. La fille nouvelle sait la pondération. Elle sait faire la part des choses entre l’hybris, la folie du doute qui ne repose sur rien d’autre que ses capacités scénaristiques réelles et somme toute personnelles et la réalité de l’autre, de la vie, de sa vie. Celle qu’elle ne connaît pas. Celle qui reste à découvrir. L’inconnu. L’aventure. Et peut-être … la goujaterie, le manque de respect, l’infidélité, la trahison et ce sms qui n’arrive toujours pas. Tiens d’ailleurs pourquoi un texto ? Pourquoi il n’appelle pas ? Il y a un truc là-dessous. Et ce truc est bien plus important que moi. La preuve. Il n’a toujours pas répondu et…
C’est ainsi que Mister Hyde a copieusement dévoré le bon docteur Jekyll.

Rester percher (l’expression est d’une amie)

Et pourtant… Qu’il s’agisse d’inconfort, de méfiance,  d’ennui (parce qu’il faut bien avouer que rester à observer son téléphone dans l’attente d’un sms pendant X minutes est signe, tout de même,  que l’on est pas bien occupé ou que l’on a mis de côté ce qui pourrait/devrait avoir son importance quand même, en l’occurrence son boulot…), ou que sais-je d’autre, le fait est que l’on a le choix.
Docteur Jekyll. Mister Hide. Apprécier les bons moments. Se pourrir la vie. S’occuper/Bosser, accessoirement. S’accrocher à son portable/Perdre du  (gaspiller le)temps. (Se) Libérer et (S’)offrir. Désespérer et souffrir.

Aimer s’apprend. C’est Freud qui l’a dit (voir plus bas).
Et s’il  l’a dit, c’est que ce doit être sérieux.

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