Et la cohérence, bordel !

A la question « Préfères-tu te maintenir dans une situation qui te rapporte un minimum – de sous notamment – mais un maximum d’ennui ou partir, sans rien avoir, rien savoir, à l’aventure comme on dit, pour tenter de construire l’alternative ? », la réponse est….

Un, deux, trois, quatre… De tous âges, tous horizons confondus, presque tous, avec plus ou moins de clarté dans le propos, de véhémence ou d’ironie répondent : « reste », « il te faut un minimum de sécurité, une chance de t’en sortir au cas où, une issue de secours ». Mais de quoi est-ce le signe ? Des temps. De l’influence des chiffres, sondages, de l’idéologie de la peur. Du manque de confiance aussi, en soi notamment, tandis qu’il en est fait grand cas, des magazines aux séries télé. De l’absence aussi, d’envie notamment, d’ambition un peu, d’intentions claires. Jean Jaurès disait en son temps : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ». Il disait aussi dans son très fameux Discours à la jeunesse prononcé en 1903 : « Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale ». Et puis aussi : « Ah ! vraiment, comme notre conception de la vie est pauvre, comme notre science de vivre est courte, si nous croyons que, la guerre abolie, les occasions manqueront aux hommes d’exercer et d’éprouver leur courage ». Le mot sonne juste. Il résonne étrangement vrai dans le présent.

 

BasquiatTrumpet1984

Aller à l’idéal…

Il est des moments dans la vie où il n’y existe rien d’autre que la foi. La foi et la volonté. La volonté et la ténacité. La ténacité et le goût du travail, de l’excellence. L’excellence et l’envie de partager, d’échanger, d’évoluer dans un ensemble qui rassemble pour proposer et grandir donc. Il est des fois où il n’y a que cela et cela est suffisant pour franchir le pas et faire le grand saut dans le vide. Le vide ? Pas tout à fait. Parce qu’au loin la perspective émerge. Elle prend, au fur et à mesure, la forme de l’objectif à atteindre. Elle a le goût d’une vie riche de soi. Elle est, je le pense, ce que tous les jeunes – et moins jeunes, pas de clivages – doivent apprendre, savoir : trouver qui l’on est et cheminer vers cela. J’en parlais encore récemment avec un cousin qui, parce qu’il sait cela absolument nécessaire « cherche un boulot ». Sans savoir ce qu’il veut vraiment. Ni ce dont il est capable. Mais, dans un quand plus ou moins proche, tandis que ses poches s’empliront et que la machine à rêve sera encalminée, plus ou moins irrémédiablement, que lui restera-t-il ? Trouve-toi et marche. Au fait, comme le disait Jaurés il y a tellement longtemps, « Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir, mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie, […] c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ».

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