Relations d’intérieurs

J’en ai fait une chronique dans NNC3. Parce que cette société mérite autant d’attention qu’elle nécessite de contorsions.

J’ai donc pris un café ce matin avec une connaissance d’assez longue date. Une personne charmante, avec qui la discussion est toujours facile, les sujets foison, qu’il s’agisse de nos projets d’avenir, de nos vies personnelles, de la famille, de nos vacances, plus rarement de notre vie amoureuse et c’est tant mieux. Il est des choses en effet, surtout lorsqu’il n’y a pas grand-chose à dire, qui méritent d’être tues. Nous avons, donc, discutés plusieurs minutes, de très longues minutes. Nous avons ri. Nous avions moult choses à nous dire et suffisamment d’accointances pour me laisser croire sinon à une amitié, pas tout de suite les grands mots, les grands élans, au moins à un commun respect. Il se trouve cependant que pour être, cette relation a, absolument semble-t-il, besoin de la chaleur de l’intérieur, du confinement de nos bureaux, de la discrétion des murs…

SAMO - Basquiat - Novembre 2015

Le fond de l’air est frais
C’est ainsi. Il fait frais au dehors. C’est bien normal. Comment expliquer autrement que quelques minutes auparavant, tandis que nous traversions le passage piéton qui sépare notre immeuble de la bouche de métro, que nous nous retrouvions à quelques centimètres l’une de l’autre, passant presqu’ensemble les barrières installées pour assurer la sécurité du plus grand nombre, elle ne m’ait pas reconnue. La fraîcheur du temps… Nous étions proches pourtant. Suffisamment pour respirer ces parfums hors de prix que nous achetons en même temps qu’un peu de contenance et le sentiment d’appartenir à l’élite du chic et de la classe. Eh bien, malgré cette proximité-là, elle ne m’a pas vue. Normal ! Arrivée dans mon dos, je n’ai que son dos tandis qu’elle saluait une collègue, entamait avec elle une riche conversation (Devais-je la saluer ou attendre ? J’ai attendu…), le temps de pénétrer la maison, passer les tourniquets, appeler l’ascenseur et ainsi avoir la surprise de me découvrir juste derrière, quelques pas plus loin. J’ai alors, le temps étant plus clément, l’intimité de l’intérieur sûrement, été gratifiée d’un chaleureux bonjour. Et puis nous avons partagé un premier café. Dans mon bureau. Puis un autre. La discussion a été sympathique, je vous le disais, à tel point qu’il a été difficile de se séparer… Ah ! La vie sociale, cette société et ses relations d’intérieur. De quoi donner raison à Sartre.

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