A l’épreuve du feu

On l’entend dire. On se l’entend dire. Et puis on se le répète. Mais ce n’est qu’à l’épreuve du feu que l’on se révèle soi ou autre.

Des choses horribles arrivent. Personne n’en est protégé. On élève ses enfants en tentant de leur inculquer ce qui est bien, ce qui est mal, en tentant d’ériger une barrière entre les deux. On essaie de leur apprendre à faire des choix, le meilleur, autant que possible. On les arme plutôt que de leur apprendre à penser. Un proche doit affronter une situation horrible. Il est confronté à la mort. Une mort qu’il a causée dans des circonstances accablantes sur lesquelles il n’est pas décent de revenir ni de m’appesantir par respect pour sa vie personnelle, par respect pour la douleur de la famille endeuillée. Rien n’empêche cependant de faire le détail des réactions. Le voici.

Pleurer
Pleurer sur ce qui lui arrive, sur ce qui a changé, sur ce qui va changer. L’événement, au moment où l’on apprend, n’est vécu qu’au travers du prisme de la relation, du choc tout entier personnel, égoïste. On pense aux belles choses que l’on a vécues ensemble et qui semblent loin, de plus en plus, maintenant que la peine est venue assombrir la fête perpétuelle qu’il créait partout et tous temps. La fête est finie. On pleure. On pleure aussi fort que l’on rit. Et puis…

Basquiat...
Basquiat…

Juger
Et puis, on y pense mieux. La fête. C’était peut-être le problème. Non, c’est le problème. L’excès en tout nuit. L’excès de fête aussi. On le lui a dit. Mais voilà, il n’a pas entendu. On prend la mesure de l’évènement. Et soudain, le manichéisme fait loi. On se fait censeur et maître en bon comportement. On se fait juge. On se dit qu’à sa place ci, à sa place ça. On vient de prendre conscience qu’il ne s’agit pas que sa famille, que de sa relation que de ses proches mais aussi d’autres familles, d’autres proches et d’autres relations. Alors on accable. On reproche. On prend position. On devient autre. On devient juge impénitent. « Le plus haut des tourments humains est d’être jugé sans loi. Nous sommes pourtant dans ce tourment ». (Albert CAMUS, La chute)

Être
Enfin, vient le temps d’être. Être simplement et constater qu’il n’y a rien à dire et si peu à faire. Être ici. Être là. Agir juste, autant que possible. Et faire pénitence d’avoir mal pensé, pas encore trop mal agi, d’avoir été humain simplement, d’avoir simplement fait erreur. Une erreur – heureusement – bien moindre que la sienne.

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