Novembre n’est pas encore rose…

Nous l’avons appris comme ça, en allant courir…

C’est assez horrible d’ailleurs que  les pires nouvelles arrivent toujours, souvent, au moment les plus inopinés, les plus inappropriés plutôt. Nous marchions donc, direction le stade pour la traditionnelle course à pied du dimanche lorsque nous avons appris qu’elle est malade, que le fait qu’elle n’ait pas répondu à mon texto n’a rien à voir avec ces considérations égoïstes, tellement égocentriques  que je scénarisais et développais quelques heures plus tôt mais à quelque chose d’autrement plus grave : sa santé, le bien-être de sa fratrie et toutes ces choses qui gravitent autour des difficultés de la vie.

Finalement, le ménage…
Il, le mari, me l’a dit comme ça, pour extérioriser peut-être, comme si c’était normal de partager, la nouvelle, mauvaise pour le coup. Il l’a dit en tous cas. Dans les yeux des enfants, j’ai vu l’envie de rester discret, de ne pas ébruiter ce qui les rend finalement différents, un peu comme mon fils, tout seul avec sa maman, quelquefois gêné d’être sur ce point, exceptionnel. Considération égocentrique. Ses enfants. Leur attitude. Un peu comme si la maladie était une affaire strictement personnelle, secrète, à ne surtout pas partager. De peur que change le regard des autres ? Que craignent-ils ? La médisance ? C’est vrai, cela arrive. Les cancaneries ? Elles arrivent aussi, il faut l’admettre. Mais partager la nouvelle, n’est-ce pas aussi partager la souffrance, la douleur et ainsi trouver alternatives et échappatoires ? Les enfants seuls peuvent-ils penser tout cela ? Nos sociétés sont-elles à ce point, individualistes ? La société est-elle à ce point néfaste ?

Keith Haring, Sans titre
Keith Haring, Sans titre

Une, deux et combien encore ?
Quelques heures plus tard, j’apprenais qu’une autre, une proche, malade, d’une maladie qui ne se dit pas, d’autant que l’on ne dispose d’aucune information solide pour lui donner une appellation viable, agit en tous cas pareillement : seule, intentionnellement et fermement fermée au monde avec circonstances aggravantes de non-réponse aux appels lancés par la famille et les autres. Même mutisme des enfants, empêchés de parler, de propager, suffisamment grands pourtant, pour s’exprimer mais pareillement muet dans la souffrance. C’est encore lui, le mari, qui a parlé, qui en a dit plus.

Keith Haring, Tryptique
Keith Haring, Tryptique

Ubermensh
Surhumaine, capables de tout supporter.
Impérieuse dans la gaieté comme dans la souffrance.
Implacable en toute chose.
Je me souviens cet article récent, sur la femme encore majoritairement ménagère. Franchement, on s’en fout du ménage.
Elle est aux prises avec tout.
Elle veut tout.
Elle gère tout et dans cette assertion, cette conception, la faiblesse n’a pas droit de cité. Dans les moments les plus difficiles, elle gère encore. Seule. La famille subira ses envies, ses attentes, ses diktats. La faiblesse ne se dit pas. On fait face. On fait front. On se tait. On attend que ça passe. Le ménage, on s’en fout. La femme, maîtresse en tous points, en tous temps, la voilà la réalité nue et cruelle. Le voilà le problème. A cela, je ne vois ni solution ni même de conclusion. Rien à ajouter. Le silence. En attendant mieux : autre chose que des maux.

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