Mon Roi m’a plu…

N’étant pas une adepte de la critique par respect de la liberté et de la sensibilité individuelle, je ne m’appesantirai pas sur le sujet. Pour autant…

Je me sens obligée de dire que j’ai aimé ce film, Mon Roi. Vraiment. Je l’ai vu par copine interposée. Elle m’a dit : « Vas-y… Il est magnifique ». Et magnifique, il l’est en effet. On a tous dû consoler une amie, un proche en proie à une relation dévastatrice. Mon Roi montre cet entourage, ce nous, désespéré devant la souffrance, obligé pourtant, en même temps, de respecter la liberté d’aimer à en crever de désespoir, de désillusion, de désenchantement. Il montre chaque étape, de l’éblouissement à la chute première. Et puis toutes les autres. Nombreuses. De plus en plus lourdes.
J’ai aimé ce parallèle entre souffrance physique et souffrance mentale.
J’ai aimé les acteurs, parfaits en excès, d’un côté comme de l’autre.
J’ai aimé être assise à côté d’un homme qui riait en même temps que moi et gardait ce silence pesant, en même temps que moi, silences qui m’ont confirmé qu’il ne s’agissait pas d’un film de fille pour les filles.

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Agaçant Mon Roi ?
Non. A moins d’ignorer que des femmes et des hommes souffrent de cette absence de considération teintée d’une soi-disant compréhension supérieure des choses de la vie, la vraie. Agaçant ? Pas du tout. Peut-être parce que je n’ai vu que ce film de la réalisatrice, Maïwenn. En même temps, transcrire la sensibilité, la peine me semble être un talent bon à explorer jusqu’à la fin.

Sans fausse note
J’ai fait mienne cette citation de Romain Rolland, en Préface de l’Amok de Zweig : « Je n’aime pas me substituer au public (…) Il faut être philistins, pour trouver un plaisir dans tous ces commentaires autour des œuvres d’art. L’œuvre est là. Humez-la ! Lampez-la ! Que le public en reçoive toute pure l’expression directe ! C’est un crime contre l’art, de la fausser, d’avance… ». Là, sans crime ni présage, il me faut redire que j’ai aimé Mon Roi jusque dans le titre. Il m’a rappelé que nos routes sont parsemées de fous dont nous ne pourrons que très difficilement nous délester une fois qu’ils auront inscrits leurs empreintes vénéneuses aux fers rouges.

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