Sexual healing

A-t-on le droit, tandis que l’on partage un tout petit ascenseur avec six gendarmes grands, virils et sympathiques, de fomenter quelques fantasmes déplacés ?

Oui ! C’est même un devoir ! m’a immédiatement répondu ma meilleure amie.
Ce moment fabuleux avec ces beaux jeunes hommes, cet instant, bref mais très intense, a effacé la fatigue du milieu, celle du milieu de semaine, des moments maman les moins intéressants, l’épuisement né des mots répétés à longueur de journée, quels moments fabuleux que ceux qui vous croisent femme tout simplement.

Cléone, au Théâtre de Ménilmontant, jusqu'au dimanche 25 octobre...
Cléone, au Théâtre de Ménilmontant, jusqu’au dimanche 25 octobre…

La vie de Cléone
Et d’un coup, j’ai pensé à Cléone, une pièce de théâtre plutôt sympa que nous sommes allées voir hier soir. L’auteur est une femme. Sa façon d’exprimer ces problématiques qui nous rapprochent, l’a rendue touchante, efficace, troublante… Après avoir été abandonnée par son premier amour – abandonnée, le mot est faible, trahie plutôt – Cléone mettra des années à remettre de l’ordre dans ses projets, dans sa tête, dans ses envies donc. Années durant lesquelles sa foi en son action civique ne s’émoussera pas tant que sa foi en elle-même ou que sa voix, son outil de travail et de lutte. A la fin, Cléone gagnera tout : l’estime de soi, l’amour de l’autre, même s’il n’est pas celui auquel on pense, son combat social.

L’avis des autres
Mais revenons-en à mon questionnement initial : avais-je le droit au fantasme ? D’aucunes me rétorqueront que nous n’en sommes plus là, que le fait même de m’interroger est un anachronisme emprunté à ces femmes d’antan qui ne se vivaient qu’au travers un prisme imposé par d’autres, plutôt masculins, de pureté, pureté de l’être, du corps, de l’âme et de la pensée. Celles-là me diront encore que nous pouvons – nous devons ! – exister seules et, de fait, fantasmer ce que nous voulons quand nous le souhaitons. D’accord.  Mais où est la limite ?
C’est un peu aussi la thématique de la pièce…
Jusqu’où va l’envie de « faire seule » ?
De quoi cet excès fantasmatique dans l’ascenseur est-il révélateur ?

Mon avis est celui de Maya
Des clichés véhiculés sur les uniformes et de leurs inscriptions dans nos esprits féminins débridés. De l’hypersexualité des temps modernes et de cette liberté nouvelle vécue aussi comme une liberté d’offrir, de s’offrir, de choisir le temps, l’espace, le nombre. De la confiance en soi qui grandit au gré des aléas, malgré les coups du sort et les autres, dans la vie d’une maman solo, d’une femme seule, confrontée à sa fierté, à ses ambitions, à la norme, à ses libertés.
J’ai fantasmé dans l’ascenseur et je n’en ai pas honte.
J’en parle parce que je me constate femme « phénoménalement phénoménale ».
J’en parlais… J’ai déjà autre chose en tête.

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