Être pacifiste est sans nul doute le choix le plus difficile

Non, Monsieur, je ne suis pas d’accord…

Je ne suis pas d’accord avec vous.
Récemment, en cours d’Espagnol, avec des collègues bien plus âgés que moi, nous avons débattu de cette altercation. Nous n’étions pas d’accord évidemment. Ceux-là pensaient que l’image de la France avait été écornée, une nouvelle fois, qu’elle avait été rabaissée et prêterait à un nouveau « bashing » d’un ailleurs pas meilleur mais là n’est pas la question. Les autres pensaient que si la violence n’est ni justifiée ni justifiable elle peut être compréhensible.
Quand elle est accidentelle.
Parce que l’erreur est humaine.
Parce que nous ne sommes ni des robots ni des machines, que du sang coule dans nos veines.

Mais pourtant…

Dire que vous ne croyez plus au pacifisme, c’est ouvrir une brèche, Monsieur.
C’est laisser croire que le seul moyen de solutionner un problème est la violence.
Ce n’est pas vrai.
La violence physique est la voie la plus simple. La violence patronale, vous en parlez souvent. Celle-là n’est pas physique. C’est ce qui la rend moins visible, plus… »acceptable ». Je ne crois pas en cette loi du plus fort. Je crois encore en la Loi, dans la pensée et la réflexion, la quête d’alternatives, dans la liberté de choix. Dans Paroles de liberté, Christiane TAUBIRA que je prends à témoin à la fois en tant que femme, humaine et Garde des Sceaux, explique avec beaucoup de justesse qu’ « il n’y pas d’ordre public dans le grand désordre de l’injustice sociale, qu’elle soit par inadvertance par l’inertie des dirigeants, ou fichée dans la pagaille indifférente et narquoise fabriquée par ceux qui s’adonnent sans retenue au rapt économique. Il y a juste là l’annonce d’un chaos, à terme, à tort mais pas sans raison ». Vous l’annoncez, Monsieur, en renonçant à l’alternative.

Je suis en vie...

L’autre, Monsieur…

L’autre est une solution.
Je parle sans connaître. Sûrement.
Je parle sans savoir la rudesse de votre lutte.
Mais des luttes, Monsieur, nous en menons tous. Et c’est précisément dans ces moments que l’on se transfigure. Idéalement en mieux. Parce que c’est à ces moments-là, à l’épreuve du feu qu’enfin on jauge la force de ses positions, de ses choix, de ses dires, de sa manière de penser. Mes luttes, plus petites sans nul doute, m’ont conduit à penser que l’autre, le partage, des problèmes comme des solutions, est la meilleure voie. Je prenais la Garde des Sceaux à témoin il y a quelques lignes. De nouveau, je lui emprunte « La République française se proclame constitutionnellement indivisible, laïque, démocratique et sociale. L’air de rien, elle contient une sommation. De ces deux mots, res publica, elle rappelle que nulle confiscation n’est concevable. Ni par ascendant confessionnel, ni pour en tirer dividende ou rente, ni pour motifs corporatistes, ni pour quelque clan ou quelque particularisme que ce soit ; elle disqualifie d’emblée les cooptations de réseau ; elle se cabre contre les endogamies de guilde. Afin de garantir et protéger le bien commun. Ce bien commun, ce sont les institutions».
Tout est là, Monsieur.
Tout y est.
L’écho des méthodes passées déjà usées et la trace vers moult alternatives à penser encore, peut-être, je le concède…

Quelques questions pour en finir

Et celle-ci d’abord : si le pacifisme est mort, que dire à mon fils lorsqu’il rentre à la maison, pétri de colère d’avoir été agressé verbalement, de n’avoir pas répondu « parce que tu m’as dit que la violence est injustifiable » ?
Que dire à ces jeunes gens capables de planter un couteau dans le corps d’un autre être humain à l’autre bout de la planète ?
Que dire à ces hommes qui vendent leur prochain en quête d’un mode meilleur ?
Que dire à ces enfants qui partent défendre une conviction à coup de décapitation ?
Que dire de cet homme qui, en refusant de serrer la main au Président de la République, crache sur l’institution, la représentation de la République dont il a été question il y a un instant et par là sur la démocratie puisque, qu’on soit d’accord avec ses idées ou pas, il a été élu par la majorité des suffrages exprimés ?
Que dire, Monsieur ?

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