« Trouple » ou polygamie : quelle différence ?

Tandis que sort le très commenté, très apprécié, très partagé, film de Jérôme Bonnel, A trois, on y va , une question me taraude et peut-être m’aiderez-vous à lui apporter une réponse : quelle est la différence entre cette notion de « trouple », couple en trio, de « vees » (couple en V, notion anglo-saxonne, que je remplacerai donc par trouple ou trio, ne l’étant pas moi-même, anglo-saxonne…) et la polygamie, telle qu’elle se pratique ici et ailleurs, hier et maintenant, d’une façon comme de l’autre ?

Troublant…
Tout de suite, vous me direz, et avec justesse, qu’ici et maintenant, le « pivot » (celui du V, la base du trouple… Et, oui, il existe un vocabulaire propre à la relation multiple. C’est dire… Vu sur Slate), le pivot du trio donc, peut-être une femme tandis que souvent, dans l’ailleurs, il s’agit d’un homme. Mais n’est-ce pas là un détail échappatoire ? N’est-ce pas là une tentative mesquine (Allez… un peu quand même…), de réduire ces autres-là, à ‘autre chose’ justement ? Non ? Pas même un tout petit peu ? Bon…
En tous cas, ce sera là, la base d’une nouvelle d’un prochain recueil à paraître. Parce que je suis sûre qu’en cherchant un peu, il ne tiendra pas la route très longtemps, cet argument-là…
Sinon… En faire une sorte d’alternative, un truc dans l’air du temps, pour personne dans le vent, un signe d’ouverture, d’esprit notamment, n’est-ce pas un peu… exagéré ? Vous saviez vous que l’on dit la polygamie naturelle tandis que la monogamie culturelle ? Et l’argumentation part de la préhistoire. Et puis des trios hein, j’ai envie de vous dire, entre Anaïs Nin, Henry Miller et sa compagne, Kerouac et sa bande, la Duchesse, épousée, son duc, épousant et la maîtresse, préférée, la Rome antique, ah…Rome, où c’était presque la norme…

King pleasure, Jean-Michel BASQUIAT, 1987
King pleasure, Jean-Michel BASQUIAT, 1987

Le genre et le nombre
Bon alors… Qu’a donc cette situation de si extraordinaire ? Hormis le fait qu’elle éloigne l’ennui de la convention, qu’elle propose un ‘autre chose’ peut-être, je dis bien peut-être, cela dépend complètement des personnes, un ‘autre chose’ donc, plus humain (dans le sens où il s’adapte à la diversité des êtres donc des esprits), et encore (suivant cette confrontation entre nature et culture), de plus vivifiant…
Non. Définitivement, un trio amoureux n’a rien d’extraordinaire. Comme la quantité, en règle générale. Ce qui le serait, ce serait que le bonheur, non mieux, le droit au bonheur, soit posé comme principe fondamental (constitutionnellement, pourquoi pas ?), pour tous, quel qu’en soit le moyen, sauf bien sûr par voie de violence … Mais c’est peut-être là qu’ils veulent tous en venir. Au fait que le bonheur est une affaire personnelle et, souvent, pluripersonnelle. Au-delà de la quantité, qui n’a donc rien d’extraordinaire, c’est l’être qui compte: son épanouissement total, sa capacité de transcendance, d’altruisme, de création et d’évolution. Au-delà de la quantité d’êtres, c’est la qualité de l’être qui compte et sa capacité à aller au bout, tout au bout de cette quête de bonheur.

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