Une parmi quatre millions…

Au sommet de ma hiérarchie, il y a le jazz, la soul, Louis Armstrong, Marvin Gaye. Pas Mozart.
Les danses afro-cubaines, sud-américaines me semblent le summum de l’expression corporelle bien plus, malgré tout le respect que j’ai pour elle, que la danse classique. J’aime autant Charles Bukowski que Stefan Zweig, autant Maryse Condé que Mori Ogaï, autant Jean-Michel Basquiat que Picasso. J’aime Banksy, Sherpard Fairey, le street-art, l’art naïf, le rap, Chopin…

King pleasure, Jean-Michel BASQUIAT, 1987
King pleasure, Jean-Michel BASQUIAT, 1987

Je ne me sens pas inculte ni ne ressens aucun besoin de m’inscrire – m’enfermer- dans telle ou telle références culturelles, intellectuelles…
Où je veux en venir ?
Au fait que comme moi, le monde change, qu’il est ouvert.
Qu’autant que les gens, les cultures ne sont pas uniques.
Les goûts, les couleurs et les idées ne le sont pas plus.
Et que c’est bien là le problème….

Deux poids…

Quatre millions de personnes se rassemblent dans la rue et ils tentent de faire rentrer la diversité, de personnes, de points de vue, d’idées dans un carcan bien loin me semble-t-il de ce que j’ai pu voir ce dimanche-là. Bien pire ! Il y a le reste : les réponses, les discours, les mots creux, habituels…
Laïcité !
Laïcité !
Liberté !
Liberté d’expression !
Liberté d’opinion !
Sécurité !
Tout est dématérialisé. Y compris les groupes d’action, semeurs de terreur, qui plantent une graine dont d’autres récoltent les fruits, qu’ils sèment ailleurs, partout où règne l’intégrisme, la pensée unique, celle qui écrase, rapetisse, ignore, débilite la différence, la diversité (thème galvaudé mais enfin…). Vouloir intervenir là, de manière matérielle, me semble insensé, d’un autre temps.
Tiens justement, cette pensée unique – si tu n’es pas Charlie, tu es contre Charlie – est insensé, colonialiste pour reprendre une terminologie que je connais bien, par la force de l’habitude, féodale.
S’ériger contre une jeunesse supposée aboulique, qui pense finalement, malgré tout, même si sa pensée n’est pas toujours fine, mesurée, qu’elle est biaisée, manichéenne, le propre de la jeunesse, c’est insensé. La tempérance, la patience, la mesure sont le propre des adultes que nous sommes. Imposer les « rites » républicains pour lutter contre « l’intégrisme religieux » est insensé… et stigmatisant. Laisser parler, laisser penser, laisser dire plutôt que réserver la liberté d’expression, la liberté d’opinion…

Deux mesures

Tout ne va pas mal. Le monde va bien.
Il n’est pas parfait mais il est sain.
Il respire de pensées alternatives qui, comme les autres méritent d’exister, d’être débattues, battues en brèche ou conservées pour grandir.
Quand il le faut, notre monde sait se rassembler pour dire son mal être, son malaise, diversement, autant que peut l’être un rassemblement de personnes uniques.
Peut-être est-ce que je ne le mesure aujourd’hui, notre monde, qu’à l’aune de la journée du 11 janvier 2015. Disons que c’est l’unité de référence que j’ai choisi. Ce n’est pas la pire…
Tandis que les temps changent, les paradigmes, les esprits, les propos, les paramètres de quelques-uns laissent pantois de rigidité, d’archaïsme.
Voilà une question sur laquelle il nous faudra nous pencher sérieusement.
Le moment venu.

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