Je suis… en vie

Je n’adhère pas à cette vision de la liberté d’expression qui atteint ce qui a de la valeur pour une partie de mes concitoyens. Je ne crois pas au « droit » au blasphème. Au nom du respect de l’autre. Je n’adhère pas à cette laïcité qui manque de respect à la croyance. Je n’adhère à aucun dogmatisme. Même le plus établi. Je n’adhère pas à cet athéisme de supériorité qui autorise la moquerie, l’abaissement, l’infériorisation intellectuelle de celui qui croit. Je n’adhère pas aux valeurs étendards, à deux vitesses, fourre-tout, galvaudées, creuses finalement. République est pour moi synonyme de liberté oui… de respect aussi. La liberté d’expression doit prévaloir toujours et pour tous. J’ai foi en l’éducation, en la culture. Je n’adhère pas à cette idée que les musulmans « doivent », « ont le devoir de »… parce qu’aucun être sensé, aucun Français n’est plus responsable qu’un autre de ce qui s’est passé ce mercredi noir. Je refuse toutes les stigmatisations quelle qu’en soit la forme. Parce qu’elles restent au fond le signe d’un manque d’ouverture annonciateur des pires turpitudes.

Aurélie Nemours, Le point, 1978
Aurélie Nemours, Le point, 1978

J’aime l’autre.
J’aime la vie.
J’aime le débat, surtout lorsqu’il est animé.
J’aime cette capacité dont nous disposons, cette liberté si l’on veut, de parler de tout avec tous, de rire de tout. Je veux pouvoir parler de tout. A ces moments-là, je suis un peu Charlie. Je le suis d’autant plus que je n’aime pas l’unanimité facile, les conclusions hâtives.
Ces deux garçons ? Des fous, eux aussi emprisonnés dans la binarité, enfermés dans le dogmatisme qu’ils se sont choisis. Ce matin-là, peut-être un peu plus tôt dans leur vie d’ailleurs, la déraison, la folie, la connerie, l’ont emporté sur la raison, l’intelligence, la tempérance, le respect. Là-bas, ces deux jeunes garçons ont gâché leur vie. Ils ont gâché la nôtre un bon moment, celle de leur mère, de leur père, de leur famille, de leurs proches pour plus longtemps. Ils ont gâché à jamais la vie de douze familles. Ils ont tué douze personnes. Ils ont tué douze êtres vivants, de sang-froid, au nom d’une idée (Non. Pas un idéal. Ce serait trop. Beaucoup trop…), d’une idée donc, discutable, en criant le nom de Dieu…
Par bonheur, de cette folie naît l’espoir, l’amour, de nous, de notre nation, de nos valeurs, de la vie.
Nous sommes en vie.
Je suis en vie aussi, plus que jamais.
Je n’ai pas peur.
J’ai plus que jamais l’envie de m’exprimer librement, sur tout.
J’aime l’autre toujours.
J’aime la vie quand même.

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