Inscrit sur ma route

Le livre s’achève. Sur la route de Jack Kerouac. En vérité, je ne sais pas ce qu’on en dit. Je sais juste que c’est un livre culte. Le bibliothécaire me l’a tendu tandis que je cherchais William Burroughs. Junky, Le festin nu…

Il vous faudra lire celui-là aussi. Vous m’en donnerez des nouvelles…

Il est culte pour moi aussi maintenant, Sur la route, et pour l’heure inscrit comme l’un des ouvrages les plus importants que j’ai jamais lu. Pourquoi ? Parce qu’il est vrai. Parce qu’il est lucide, pur, oui, pur, c’est ça, clair aussi, avec les gens, avec la route, avec la vie. Parce qu’il est poésie, illumination. Tout y est simplement beau, simplement vrai. Ce livre est magnifique. Oh, c’est facile, tellement facile à dire vous me direz… Et vous aurez raison. Mais je ne saurais pas dire mieux. Et bien que je n’ai pas tout compris de cet amour qui lie Kerouac au foldingue et instable Neal (peut-être suis-je trop raisonnée), j’en conserverai le souvenir de descriptions emplies de sentiments, d’envolées nirvanesques. J’en conserverai la vision d’un monde où le cœur, la sensation, la sensualité sont rois, dans la vérité des sentiments, de l’attachement, où tout ce qui est charnel n’est finalement que passage, que transition vers une vérité plus profonde encore, inscrite pour plus tard, une marque dans la quête de soi, de l’absolu…
J’en conserverai l’idée qu’au fond, nous la cherchons tous cette réalité, cette vérité. Nous la cherchons loin, alors qu’elle est là, tout près, dans les petites choses de la vie. Celles que l’on ne voit plus à force de se concentrer sur trop d’autres choses.

Le temps de l’innocence

En lisant cette description des indiens de la montagne mexicaine, des « ombrages sortis de la Bible », résidents du « monde doré d’où est venu Jésus », tout juste suivant quelques délires orgiaques et musicaux, je n’ai pu m’empêcher de penser à nous, à ces gens broyés tous les jours par le grand n’importe quoi. J’ai pensé aux Grecs. J’ai pensé aux Russes. J’ai pensé aux gens molestés par un système qui n’a plus rien de vrai pour la plupart, un système qui n’est même plus réel et qui pourtant tue innocence, singularité, spécificité. Il anéantit, amoindri, ridiculise la fragilité, la bonté, le partage et tout ce qui ne lui ressemble pas. Il envisage tout comme lui : clos, hermétique, interdit au plus grand nombre. Il tue… Mais heureusement il existe des livres, des livres comme celui-là, des gens, des espaces pour se révéler et se rappeler que tout n’est pas ça. Qu’il existe d’autres vérités, simples d’accès, tellement plus vastes. Voilà ce que je me suis dit enfin, après tout ce temps, Sur la route.

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