La langue, chemin le plus court vers l’autre

Tous les jeudis soirs, nous sommes une dizaine à animer le cours d’espagnol du quartier. Sincèrement, sans cela, je n’aurais peut-être jamais côtoyé, fréquenté ni échangé avec la moitié de mes collègues. Ce sont pourtant des personnes charmantes. Mais vous connaissez la réalité des grandes villes : enfermés dans une étrange paranoïa, nous nous craignons les uns les autres. Ces cours sont donc source de lien social. Ils nous ont permis, par exemple, de découvrir la célébration de la Toussaint en Amérique du Sud, au Mexique plus précisément, en Espagne aussi ; une tradition bien éloignée de la nôtre. Ces cours nous ouvrent à d’autres cultures, d’autres façons de percevoir le monde, de recevoir l’autre et c’est, je crois, une fantastique opportunité.

Somme toute…

Ces cours sont donc enrichissants, très peu couteux. Ils semblent l’être un peu plus pour la collectivité. Ils sont par voie de cause à effet menacés de disparition. Ils sont un service public. Ils sont un moment d’échange privilégié, je le disais. Ils réunissent des personnes d’horizons très différents, de la communication, de l’administration publique, de l’édition, de l’enseignement et tout un tas d’autres que je n’ai pas encore eu le temps de découvrir, des quinquas, des quadras, de jeunes retraités, de plus anciens. Ils créent des ponts interculturels, interprofessionnels, intergénérationnels.

Un mur...  Happy show Gaîté lyrique, 2014
Un mur…
Happy show
Gaîté lyrique, 2014

Ensemble

Ils sont un service mais pourquoi ne peuvent-ils ne pas constituer une priorité ?  La comptabilité doit-elle systématiquement prendre le pas sur l’humanité, dans sa plus simple expression, c’est-à-dire d’échange, de dialogue ? Placés dans pareille situation, comment sommes-nous supposés réagir ? Laisser courir et se dire que c’est dur mais que c’est ainsi : il n’y a pas d’alternative ? Ou considérer que maintenant, plus que jamais parce que c’est dur, que les temps sont obscurs, le choix de l’autre doit rester une priorité, le phare de toute activité ? La machine peut exister par une suite fonctionnelle de 0 et de 1. L’homme, pour vivre, requiert plus de substance, de diversité. C’est pourquoi nous exprimerons notre avis. Pour rester ensemble tout simplement.

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