A la bibliothèque…

Il existe des gens gentils. Non, mais vraiment. Sérieusement ! Il y a vraiment des tas de gens gentils. Et, selon toute vraisemblance, le monde s’y est déshabitué. Voilà ce qui s’est passé à la bibliothèque cet après-midi…

Lorsque je suis montée à l’étage, elle discutait avec la maman d’une jeune fille, adolescente désormais, qu’elle a connue longtemps plus tôt, tandis qu’elle n’avait que neuf ans.

          Oui, se souvient la maman, à l’époque, elle mangeait les livres !

          Et c’est très bon les livres ! plaisanta la bibliothécaire.

          Maintenant, c’est la musique. J’espère au moins qu’il lui restera quelque chose de tout cela…

          Il lui restera forcément quelque chose. Lorsque l’on a les bases, lorsque l’on a été un lecteur, on ne lit pas de la même façon. Lorsque l’on a été un musicien, on n’entend pas la musique de la même façon…

          … (Soupir de la maman)

Elles se sont saluées plus que cordialement, chaleureusement, quelques minutes plus tard. La bibliothécaire a entamé le rangement des retours, tout sourire, tout en bonjours et en effusions de sympathies.

          Madame…

          Oui…

          Pardonnez-moi de vous déranger…

          Mais vous ne me dérangez pas. Je suis là pour cela. Que puis-je pour vous ?

         

Et puis, ce fut mon tour. Nous avons cherché un ouvrage de Cheick Anta Diop.

          Il faudra le commander. N’oubliez pas de l’inscrire sur le cahier de suggestion, au rez-de-chaussée, juste à côté de l’accueil…

Elle s’est penchée sur le côté. Deux enfants, confus, souhaitaient lui dire un mot…

          Nous venons vous informer que maman souhaite prolonger un emprunt…

          Ah oui ! Très bien. Je suis à vous dans un moment…

Elle revient vers moi. Je lui indique pourvoir attendre…

          Alors ? Où est la carte de votre maman ?

          Nous ne l’avons pas. Mais nous pouvons aller la chercher !

          Mais non puisque vous êtes là ! A l’avenir, il faudra l’avoir sinon je pourrais avoir des ennuis. Imaginez que deux personnes portent le même nom et que je me trompe. S’il faut être carré, il faut savoir aussi arrondir les angles. Je fais le nécessaire. La prochaine fois, n’oubliez pas votre carte. Nous sommes d’accord ?

Je les ai croisés plus tard. Ils faisaient la course dans une rue piétonne, avant d’entrer dans une résidence. A la maison certainement. Un mercredi après-midi ordinaire…

           

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